CONCEPTEURS :
Guy Laliberté,
Guide et Fondateur
Guy Laliberté est né à Québec en 1959. Accordéoniste, échassier et cracheur de feu, il fonde, avec le soutien d'un noyau de complices, le premier cirque d'origine québécoise de réputation internationale. Visionnaire audacieux, il sait reconnaître et cultiver le talent des amuseurs publics de la Fête foraine de Baie-Saint-Paul pour créer, en 1984, le Cirque du Soleil.
Artiste polyvalent, Guy Laliberté plonge dans le monde des affaires pour soutenir et planifier la croissance de cette jeune entreprise. Malgré l'inexpérience du groupe, il mise sur l'originalité et l'audace de la jeunesse pour convaincre les institutions financières de participer au projet. Il développe également un réseau de partenaires à travers le monde pour permettre au Cirque du Soleil de rayonner à l'étranger.
Premier artisan du métissage des cultures et des disciplines artistiques et acrobatiques qui caractérise le Cirque du Soleil, Guy Laliberté a été, depuis 1984, le guide de l'équipe de concepteurs lors de la création de tous les spectacles. Il a ainsi contribué à élever les arts du cirque au rang des grandes disciplines artistiques.
Grâce aux talents de rassembleur et à la vision de son fondateur, le Cirque du Soleil est devenu une entreprise internationale par la composition de son organisation, par ses influences et par l'étendue de ses activités. Guy Laliberté se retrouve donc à la tête d'une entreprise qui déploie ses activités sur cinq continents.
Par ailleurs, alors que le Cirque du Soleil parcourt la planète, son fondateur s'ingénie à concrétiser de nouveaux rêves en appliquant sa créativité à d'autres créneaux. Il entame la rédaction du « tome II » de l'histoire du Cirque du Soleil, où il est question de réunir sous un même toit innovation et talent dans un nouveau concept de complexes de divertissement.
En 1997, Guy Laliberté reçoit l'Ordre national du Québec, la plus haute distinction décernée par le gouvernement du Québec. En 2001, il est nommé Grand Montréalais par l'Académie du même nom.
___________________
Daniele Finzi Pasca,
Concepteur et metteur en scène
« J'ai grandi dans un monde d'images. J'ai entrepris de mettre ces images en mouvement. »
Avec Corteo, Daniele Finzi Pasca réussit avec bonheur le maillage des trois univers auxquels il appartient : la mise en scène, le cirque et l'art du clown. Issu d'une famille influencée par les arts (son arrière-grand-père, son grand-père et son père sont photographes; sa mère, peintre), ce créateur polyvalent semblait voué dès l'enfance à une carrière artistique. « J'ai grandi dans un monde d'images immobilisées dans le temps, un univers inventé par mes ancêtres. J'ai entrepris, dans ma démarche artistique, de mettre ces images en mouvement. »
Daniele Finzi Pasca débute sa carrière comme gymnaste et devient artiste de cirque avant de s'immiscer dans le monde du théâtre. Il part pour l'Inde en 1983 où il travaille comme bénévole pour soigner des malades en phase terminale dans les rues de Calcutta. Rentré en Suisse, il fonde la compagnie Sunil's Clowns, qui deviendra le Teatro Sunil en 1986. Son impressionnante feuille de route comprend Icaro (monologue pour un seul spectateur), présentée en six langues dans plus de quinze pays et déclarée meilleur spectacle étranger par l'Association des critiques de théâtre de Montevideo. Il publie un recueil de nouvelles, Come acqua allo specchio, puis écrit et interprète Aitestás, reconnu meilleur spectacle étranger par l'Association nationale des critiques mexicains. Au début des années 2000, il renoue avec le Québec en mettant en scène Visitatio, une coproduction du Teatro Sunil et de Carbone 14 ainsi que deux spectacles pour le Cirque Éloize, Nomade – La nuit le ciel est plus grand et Rain – Comme une pluie dans tes yeux, qui ont remporté un immense succès.
La fascination qu'exercent sur lui le clown et l'art du clown, Daniele Finzi Pasca la connaît depuis qu'il a présenté un numéro clownesque au célèbre cirque Nock. Depuis, il a mis au point une approche toute personnelle de cette discipline, qu'il présente et enseigne à des troupes et à des entreprises aux quatre coins du monde, notamment à l'École nationale de cirque de Montréal et au Cirque du Soleil.
La mise en scène de Corteo est sa première collaboration avec le Cirque du Soleil. « Le spectacle se situe dans un espace étrange entre ciel et terre où les dieux et les hommes interagissent au moyen des arts du cirque, raconte Daniele Finzi Pasca. Les artistes de cirque, par leur courage inébranlable et leurs prouesses inouïes, sont la réponse à l'angélisme des dieux. »
Soucieux de redonner ses lettres de noblesse à l'art du clown, aujourd'hui tombé dans une « grande décadence », Daniele Finzi Pasca explore le personnage du clown, non pas comme le stéréotype qu'il est devenu, mais comme le personnage fort complexe qu'il était avant même l'existence du cirque. « J'essaie de trouver un langage pour les artistes de cirque qui les rapproche des grandes questions du théâtre », confie-t-il.
C'est avec ce souci du détail que Daniele Finzi Pasca a aussi imaginé la scène du spectacle Corteo. Le metteur en scène s'est inspiré notamment de l'intérieur de la cathédrale de Chartres et de son labyrinthe. Pour Daniele Finzi Pasca, « le labyrinthe représente un grand voyage intérieur. Pour se trouver, il faut se perdre ».
Daniele Finzi Pasca est né en 1964, à Lugano, en Suisse.
____________________
Line Tremblay,
Directrice de création
« Je suis devenue une enfant du cirque. »
Line Tremblay côtoie l'univers du Cirque du Soleil depuis la création de l'entreprise en 1984.
Avant de s'enrôler au Cirque du Soleil, elle cultive une passion pour l'univers du cinéma et de la télévision, notamment à titre d'assistante à la réalisation (aux autopromotions) à Radio-Canada, où elle travaille auprès de concepteurs et de créateurs. En 1992, elle se joint à Franco Dragone comme assistante du metteur en scène et participe à la création des spectacles Mystère, Alegría, Quidam, «O» et La Nouba. Ses talents sont également mis à contribution en tant que directrice artistique du spectacle Quidam. Son riche parcours avec Franco Dragone lui permet d'aiguiser son regard sur les rouages de la mise en scène et du spectacle et de faire ses armes.
Écuyère novice, Line Tremblay se lance, en 2000, dans une nouvelle aventure aux côtés de Gilles Ste-Croix à titre d'assistante à la conception de Cheval Théâtre. Elle redevient le bras droit de Franco Dragone à la mise en scène du spectacle A New Day de Céline Dion avant de rentrer au Cirque du Soleil, en 2003, comme directrice de création du spectacle Corteo. Première femme à occuper ce poste clé, elle insuffle à l'équipe de concepteurs son énergie et sa sensibilité.
« Mon rôle est un peu celui d'un chef d'orchestre », dit Line Tremblay. C'est en effet au directeur de création que revient la tâche de créer un sentiment d'unité au sein de l'équipe de création, de produire un effet de synergie. Elle a aussi participé au recrutement des concepteurs de Corteo (dont plusieurs collaborent pour la première fois avec le Cirque du Soleil) et à l'exercice de casting des artistes.
Une fois l'équipe en place, Line Tremblay doit veiller à harmoniser la démarche artistique de chaque concepteur et l'approche créative du Cirque du Soleil. « Le défi pour Corteo : fusionner la sensibilité et le lyrisme du langage clownesque de Daniele à la haute performance acrobatique du Cirque; réunir le meilleur de Daniele et le meilleur du Cirque du Soleil en un tout homogène. Le Cirque doit se renouveler sans cesse, se réinventer à chaque spectacle. Je crois que nous avons gagné notre pari une fois de plus. »
Dès 1984, Line Tremblay a été séduite par le côté saltimbanque du Cirque du Soleil et la liberté qui y règne toujours. « Lorsque j'étais jeune, confie-t-elle, le cirque ne m'attirait pas. J'ai découvert le côté bon enfant des arts du cirque en 1984. Pour moi, le cirque est la forme d'art la plus complète; il interpelle le spectateur sur les plans visuel, émotif et physique à la fois. »
« Je suis devenue une enfant du cirque, avoue Line Tremblay. J'étais destinée à une vie dans ce milieu. »
Line Tremblay est née en 1956, à Hull, au Québec.
_____________________
Jean Rabasse,
Scénographe
« Ce qui me définit comme scénographe, c'est le souci constant du détail : couleurs, patine, textures... Je suis très méticuleux. Puis j'aime brouiller les pistes, ne jamais faire deux fois la même chose. »
Jean Rabasse s'est taillé une réputation enviable dans le monde de la danse, du théâtre et du cinéma comme scénographe et chef décorateur. Depuis une dizaine d'années, il signe la scénographie des spectacles de DCA, la compagnie de danse du chorégraphe Philippe Decouflé.
Finaliste aux Oscars en 2001 pour ses somptueux décors dans le film Vatel de Roland Joffé, Jean Rabasse remporte le César du meilleur chef décorateur pour ce même film et pour sa collaboration aux films Delicatessen et La Cité des enfants perdus de Caro et Jeunet. Son nom apparaît au générique d'autres films tels qu'Astérix, de Claude Zidi, The Dreamers, de Bernardo Bertolucci, Vidocq, de Pitof et The Statement, de Norman Jewison.
Artiste polyvalent, Jean Rabasse réinvente le métissage des formes. « Je ne fais pas de distinction entre les disciplines dans lesquelles je travaille. Au cinéma, je ramène toujours des effets théâtraux, qui donnent de l'âme au film. Au théâtre, j'utilise des éléments cinématographiques. »
Avec Corteo, Jean Rabasse collabore pour la première fois à un spectacle du Cirque du Soleil. L'idée de cette association remonte à 1996, année où Guy Laliberté et Gilles Ste-Croix ont assisté à Tokyo à la comédie musicale de Philippe Decouflé, Dora, dont Jean Rabasse a réalisé la scénographie. Sa collaboration avec le Cirque du Soleil se prolongera au-delà de Corteo, puisqu'il travaille déjà à la scénographie du prochain spectacle permanent, qui prendra l'affiche au Mirage, à Las Vegas, en 2006.
« Ce qui me définit comme scénographe, c'est le souci constant du détail : couleurs, patine, textures... Je suis très méticuleux, avoue Jean Rabasse. Puis j'aime brouiller les pistes, ne jamais faire deux fois la même chose. » C'est ce goût pour l'innovation qui l'a incité, de pair avec Daniele Finzi Pasca, à scinder la scène de Corteo en deux. « La moitié du public est assise en face de l'autre, explique-t-il. Cette nouvelle configuration amène plein de possibilités. »
« J'aime choisir une seule phrase pour me guider, avoue Jean Rabasse. Voici l'image qui m'a inspiré pour Corteo : Les spectateurs entrent dans un théâtre où le même cirque joue depuis 200 ans. J'aime cette idée, parce qu'elle me permet de marier plusieurs styles, du baroque au moderne. C'est un mélange de films d'atmosphère d'époque et de films de l'étrange. L'idée était de ne surtout pas faire du vieux cirque, mais de le confronter à la modernité, la haute acrobatie, la technologie et la jeunesse du Cirque du Soleil. Ça ne se voit vraiment nulle part ailleurs. »
Jean Rabasse est né en 1961, à Tlemcen, en Algérie.
_____________________
Dominique Lemieux,
Conceptrice des costumes
« J'ai un penchant pour les tissus nobles, les matériaux naturels comme le lin et la soie, qui accentuent la beauté naturelle des artistes. »
Dominique Lemieux a signé les costumes de tous les spectacles du Cirque du Soleil entre 1989 et 1998. Sa griffe est associée aux créations Le Cirque réinventé (1989), Nouvelle Expérience (1990), Saltimbanco (1992), Mystère (1993), Alegría, (1994) Quidam (1996), «O» et La Nouba (1998).
En tant que conceptrice des costumes, Dominique Lemieux fait beaucoup plus qu'habiller les artistes. Ses oeuvres jouent un rôle déterminant dans la création des personnages fantastiques qui peuplent l'univers du Cirque du Soleil.
Dominique Lemieux dessine depuis sa plus tendre enfance. Sa passion l'amène à étudier en beaux-arts à l'Université Concordia. Après l'obtention de son diplôme, elle devient graphiste et illustre des livres pour enfants. Elle entre ensuite en scénographie à l'École nationale de théâtre du Canada (ÉNT). Ses cours de dessin et de création de costumes confirment sa passion pour son futur métier.
Entre 1986 et 1988, elle travaille comme assistante auprès de François Barbeau, un des grands concepteurs de costumes à Montréal et professeur à l'ÉNT. Pendant cette période, on peut voir les créations de Dominique Lemieux sur de nombreuses scènes montréalaises. Un grand nombre de metteurs en scène du milieu théâtral québécois font appel à ses talents.
Dominique Lemieux se joint au Cirque du Soleil en 1988 et ses créations ne cessent, depuis, de susciter l'émerveillement des spectateurs du monde entier. Rompue à l'art de fusionner forme et fonction, elle se démarque par son esprit du détail et son souci de l'artiste, notamment en analysant la façon dont les fibres réagissent au contact de la peau et des mouvements de l'artiste.
Pour créer les costumes de Corteo, Dominique Lemieux a voulu accentuer la beauté naturelle des artistes. « C'est par sa facture théâtrale que Corteo se distingue de tous les autres spectacles du Cirque du Soleil, explique-t-elle. On se rapproche du cirque traditionnel, où se révèle l'humanité des artistes. Cela se traduit par des costumes qui ont l'air de vrais vêtements.
Dominique Lemieux est née en 1957, à Montréal.
_____________________
Philippe Leduc,
Compositeur et directeur musical
« À plusieurs moments, la musique de Corteo est hautement lyrique. Nous avons tenté d'élargir la palette musicale du Cirque du Soleil. »
Compositeur, orchestrateur et chef d'orchestre, Philippe Leduc se décrit comme un travailleur acharné. Ses agencements sonores – notamment ses thèmes et indicatifs musicaux – font partie du quotidien des téléspectateurs québécois depuis le début des années 80.
Diplômé de la Faculté de musique de l'Université de Montréal, le prolifique compositeur signe les musiques de l'information à Radio-Canada et à RDI ainsi que les thèmes publicitaires pour de grandes entreprises canadiennes et américaines. Il a aussi proposé ses compositions pour deux émissions de la télésérie Solstrom, du Cirque du Soleil.
Corteo marque ainsi sa deuxième collaboration avec le Cirque du Soleil. Selon Philippe Leduc, il y a un lien étroit entre la musique et les prouesses physiques des artistes. « Les artistes de cirque risquent leur vie à tous les jours. C'est dans cette émotion, vive et viscérale, que j'ai puisé mon inspiration. » La dimension physique du spectacle, qui fait naître un climat de tension soutenu, s'intègre à une dimension éthérée, poétique. « À plusieurs moments, la musique de Corteo est hautement lyrique. Nous avons tenté d'élargir la palette musicale du Cirque du Soleil. »
Cet heureux mariage du physique et du poétique contribue à la création d'ambiances alanguies qui interpellent le spectateur. « Corteo est un spectacle haut en contrastes sur le plan musical, dit Philippe Leduc. On passe d'une guitare solo à des masses orchestrales imposantes, les numéros s'imbriquant les uns dans les autres de façon limpide et harmonieuse, mais l'inattendu guette le spectateur à tout moment. Le spectacle, dont l'esthétique est recherchée, réserve des moments très cocasses et riches en surprises. »
En collaboration avec Maria Bonzanigo, la co-compositrice de Corteo, Philippe Leduc a puisé dans l'univers musical des années 1930 et exploré des sonorités médiévales. « C'est une fusion d'anciens instruments et de musique actuelle, affirme-t-il. »
Durant le spectacle, les musiciens se livreront à une improvisation déchaînée, une première au Cirque du Soleil. « Il y aura plusieurs duels entre un violoniste et un accordéoniste, entrecoupés de scènes chantées. Ces séquences seront différentes à chaque représentation. »
Philippe Leduc est né à Montréal.
_____________________
Maria Bonzanigo,
Compositrice et directrice musicale
« Daniele et moi avons créé un langage qui nous permet d'établir un rapport intime avec le spectateur. La musique fait partie intégrante de ce langage. »
Maria Bonzanigo collabore avec Daniele Finzi Pasca depuis 1984, année où elle se joint au Teatro Sunil, la compagnie de théâtre fondée par le metteur en scène de Corteo. Artiste polyvalente, elle compose la musique de la plupart des spectacles du Teatro Sunil, tout en y collaborant comme actrice, danseuse, metteur en scène et chorégraphe.
Maria Bonzanigo étudie la composition avec Paul Glass et la danse avec Rosalia Chladek, puis elle développe, au fil des ans, un concept personnel de la création musicale pour la scène. En plus de ses collaborations dans le milieu du théâtre, elle a aussi collaboré à la musique des spectacle Nomade et Rain de Cirque Éloize, mis en scène par Daniele Finzi Pasca.
Maria Bonzanigo connaît bien l'univers du metteur en scène de Corteo. « Daniele et moi avons créé un langage qui nous permet d'établir un rapport intime avec le spectateur. La musique fait partie intégrante de ce langage. »
Avec Corteo, sa première collaboration à un spectacle du Cirque du Soleil, Maria Bonzanigo explore ce langage en guidant les artistes et les acrobates – qui ne sont pas tous des musiciens – dans une démarche théâtrale à laquelle vient s'intégrer la musique et le chant.
La trame musicale de Corteo témoigne aussi de la diversité des influences et des intérêts de Maria Bonzanigo. Dans un style médiéval modernisé, les pièces allient modernité et tradition, tout en explorant des rythmes africains, asiatiques et latino-américains.
Maria Bonzanigo compose la musique du spectacle en collaboration avec Philippe Leduc. Elle réalise les pièces reliées au jeu des artistes (chant et jeu corporel), tandis que Philippe Leduc conçoit la partie orchestrale de la musique.
Maria Bonzanigo est née en 1966, à Lausanne, en Suisse.
_____________________
Hugo Gargiulo,
Concepteur du jeu d'acteur
Teatro Sunil
&
Dolores Heredia,
Analyste dramaturgique
Teatro Sunil
&
Antonio Vergamini,
Concepteur du jeu d'acteur
Teatro Sunil
« Notre défi a été de faire ressortir le côté fragile des acrobates. Notre objectif est que chaque artiste apporte quelque chose d'unique. »
Hugo Gargiulo et Antonio Vergamini sont membres du Teatro Sunil, la compagnie de théâtre et de danse fondée en 1983 (en Suisse) par Daniele Finzi Pasca.
L'acteur et le danseur tragi-comiques sont au c½ur des créations du Teatro Sunil, dont Rituale, Icaro, Aitestás, Visitatio, Te amo et Tres tristes Tangos...En parcourant la tradition, cette compagnie propose une vision particulière de l'univers et du langage clownesques. Daniele Finzi Pasca a mis au point une démarche artistique empreinte d'humanisme, qu'il a baptisée « théâtre de la caresse » : un art de la présence, sensible et humaniste, axé sur le toucher.
Acteurs, metteurs en scène et fidèles collaborateurs de Daniele Finzi Pasca depuis plusieurs années, Hugo Gargiulo et Antonio Vergamini ont travaillé étroitement avec tous les artistes de Corteo, y compris les musiciens, pour perfectionner leur jeu d'acteur et les initier à l'univers clownesque. « Notre défi a été de faire ressortir le côté fragile des acrobates, plutôt habitués à mettre de l'avant leur force physique », explique Hugo Gargiulo.
La possibilité de travailler avec une distribution imposante (une cinquantaine d'artistes) a permis aux concepteurs de réaliser certains rêves sur le plan artistique. Toutefois, bon nombre des artistes de Corteo n'avaient jamais joué auparavant. « Leur manque d'expérience a posé un défi à certains égards, avoue Antonio Vergamini, mais cela fait aussi qu'ils se donnent avec plus de générosité et s'ouvrent plus rapidement. On cherche avant tout à faire ressortir leur individualité; notre objectif est que chaque artiste apporte quelque chose d'unique. »
Pour Hugo Gargiulo, Corteo est un spectacle rayonnant d'humanisme et bourré d'images oniriques. « Les artistes ne se cachent pas derrière leur maquillage ou leurs costumes, dit-il. On voudrait que le public puisse voir dans leur regard les enfants qu'ils ont été, mais aussi les vieillards qu'ils deviendront. »
Hugo Gargiulo est né en 1965, en Uruguay, et Antonio Vergamini, en 1967, en Italie et Dolores Heredia est née en 1966 au Mexique.
_____________________
Martin Labrecque,
Concepteur des éclairages
« Mon intention première est d'éclairer l'émotion – le sous-texte – du spectacle. »
Corteo marque la première collaboration de Martin Labrecque avec le Cirque du Soleil.
Sa feuille de route comprend près de 90 productions théâtrales. Il a conçu les éclairages de nombreuses productions de metteurs en scène de renom au Québec. Il remporte le Masque de la conception des éclairages 2001 pour L'Homme en lambeaux de Mikhaïl Ougarov et pour les éclairages du Peintre des madones ou la naissance d'un tableau de Michel-Marc Bouchard, en 2005. La même année, il reçoit le Masque de la meilleur production Montréal pour Everybody's Welles pour tous, spectacle qu'il écrit en collaboration avec Patrice Dubois. Martin Labrecque est également l'un des fidèles collaborateurs de Daniele Finzi Pasca.
Connaissant bien l'univers poétique et humaniste du metteur en scène, Martin Labrecque fait ressortir, par ses éclairages, la dimension émotionnelle du spectacle : « Mon intention première est d'éclairer l'émotion – le sous-texte – du spectacle », confie-t-il.
Véritable jeu d'équilibre entre des éclairages traditionnels et des tonalités modernes, les tableaux de lumière qu'il réalise pour Corteo recréent les ambiances d'un cirque traditionnel, teinté de ludisme. « J'utilise des chandeliers, des feux de la rampe, des lampes de poche : une panoplie d'éclairages isolés et de lumières ponctuelles pour créer les atmosphères parfois intimistes du spectacle. »
« Le spectacle est éclairé par les latéraux, explique Martin Labrecque. C'est la base de la conception. » La division de la salle en deux, une première au Cirque du Soleil, détermine en grand partie la configuration des éclairages du spectacle Corteo. »
Martin Labrecque est né en 1972, à Montréal.
_____________________
Jonathan Deans,
Concepteur de son
« Lorsqu'il n'est pas structuré, le son n'est que du bruit. »
Jonathan Deans, l'un des concepteurs du son les plus sollicités dans le monde du théâtre musical, signe, avec Corteo, la conception sonore de son septième spectacle du Cirque du Soleil, après Saltimbanco, «O», Mystère, La Nouba, ZUMANITY et KÀ. Stimulé par l'approche créative work-in-progress (½uvre en évolution) du Cirque du Soleil et par l'étroite collaboration qui se noue au sein de l'équipe des créateurs, il façonne les ambiances sonores pour le nouveau concept de scénographie de Corteo.
Acteur dès la tendre enfance, Jonathan Deans éprouve une fascination pour l'électronique et le son. C'est à l'âge de 15 ans, foulant déjà les planches avec la Royal Shakespeare Company, qu'il mettra son intérêt pour le son au service du théâtre. Après un périple comme ingénieur du son dans le milieu de la musique, notamment chez Morgan Studios où il frayera avec des artistes de renom tels que Cat Stevens, Paul Simon et Rick Wakeman, il renoue avec le théâtre et se voit confier le mixage sonore de la comédie musicale A Chorus Line. Un succès n'attendant pas l'autre, il devient opérateur de l'enregistrement sonore pour des productions comme Evita, Cats, Bugsy Malone et The Sound of Music.
Le succès de Jonathan Deans venant aux oreilles des producteurs du « West End », il devient concepteur du son pour la comédie musicale Marilyn; s'ensuivront, entre autres, Time, Les Misérables et Mutiny, puis Ragtime, Fosse, King David, Damn Yankees, Taboo et Brooklyn sur Broadway.
Ses diverses réalisations comme concepteur du son lui ont valu de nombreux prix. En 1998 notamment, alors qu'il mettait au point l'environnement sonore de La Nouba, Jonathan Deans a reçu le Entertainment Design Award de la production de l'année pour sa contribution au spectacle «O».
Pour Jonathan Deans, « créer les ambiances sonores d'un spectacle sous chapiteau et celles d'un spectacle fixe, c'est deux mondes. La beauté du chapiteau réside dans la proximité qui s'établit entre le spectateur et l'artiste; ce contact intime est à la base même du divertissement. »
La nouvelle configuration scénique du spectacle Corteo a posé un réel défi au concepteur du son, puisque la salle et l'espace scénique sont scindées en deux, la disposition des places offre un vue à 360 degrés sur la scène. « Il fallait s'assurer que le son parvenant à chaque section de la salle soit synchronisé avec ce qui se déroule sur la scène », explique Jonathan Deans. Cette configuration est une première au Cirque du Soleil et a exigé certaines prouesses sur le plan sonore.
Jonathan Deans est né en Angleterre, en 1954.
_____________________
Danny Zen,
Concepteur des équipements et des gréements acrobatiques
« Le gréeur est celui qui est le plus près de l'artiste. Il tient sa vie entre ses mains. »
En 1990, Danny Zen s'enrôle au Cirque du Soleil comme soudeur et assembleur aux ateliers de Longueuil. Au cours de la même année, il participe à la toute première tournée européenne avec Cirque Réinventé, puis avec Nouvelle Expérience où il cumule les fonctions de soudeur, assembleur, mécanicien et chef placier. Il participe à la tournée de Saltimbanco, en 1992, comme technicien de tente et participe à la création d'Alegría en 1994 avant de devenir chef gréeur pour Quidam, en 1996.
À partir de 1993, Danny travaille au développement du studio de création tel qu'il est aujourd'hui. À titre de chef gréeur et de responsable technique, c'est en grande partie grâce à son travail tout à fait innovateur qu'ont été créées et établies les normes existantes du Cirque du Soleil, en matière de formation des gréeurs et de sécurité des artistes et des techniciens. Ayant également travaillé pour l'École nationale de Cirque, Danny a, au fil des ans et des productions, participé à la conception de la plupart des éléments acrobatiques aériens de l'univers du Cirque du Soleil.
Cirque 2005 est son baptême de feu comme concepteur des équipements et des gréements acrobatiques, rôle qu'il assume tout en demeurant directeur technique de la recherche et du développement au studio de création.
« Je dois travailler en étroite collaboration avec le scénographe pour concevoir des équipements innovateurs (comme le lustre), qui sont à la fois des gréements acrobatiques et des éléments scéniques. C'est un jeu d'équilibre entre les besoins technologiques et les aspects artistiques du spectacle. Comme concepteur des gréements acrobatiques, je dois faire preuve de créativité à ma façon. »
C'est sur son imagination et ses compétences techniques que repose la réussite de ce travail. À cet égard, le très inventif Danny Zen n'est pas en manque : « Lorsque je faisais du deltaplane et jouais au paint-ball, je mettais sans cesse au point de nouveaux équipements pour pousser l'expérience encore plus loin et payer mes cours ! » Au Cirque du Soleil, la créativité n'existe pas au détriment de la sécurité des artistes. « Le gréeur est celui qui est le plus près de l'artiste. Il tient sa vie entre ses mains. »
Danny Zen est né en 1965, à Saint-Luc, en Montérégie.
_____________________
Nathalie Gagné,
Conceptrice des maquillages
« Au Cirque du Soleil, le maquillage forge, avec les costumes, l'identité de chacun des personnages. Un de mes objectifs est que chaque artiste soit fier de cette deuxième personnalité issue du maquillage. »
Après Quidam, «O», La Nouba, Varekai, ZUMANITY et KÀ, Nathalie Gagné participe pour la septième fois à la conception d'un spectacle du Cirque du Soleil en créant les maquillages qui donneront vie aux personnages du spectacle Corteo. Elle a également conçu la deuxième génération des concepts de maquillage des spectacles Mystère, Alegría et Saltimbanco.
De plus en plus, Nathalie Gagné cherche à associer les artistes à la création de leur physionomie scénique. « Les acrobates, contrairement aux acteurs, sont peu habitués à observer leur visage. Une de mes préoccupations est de les amener à le faire et à trouver, en eux et avec eux, des lignes de force qui serviront à construire leur personnage », dit celle qui a créé, depuis 1995, plus de 250 concepts de maquillage au Cirque du Soleil.
Nathalie Gagné est également responsable du respect des concepts de maquillage qui portent sa signature. Comme ces concepts sont réalisés par les artistes eux-mêmes, des ateliers de maquillage sont maintenant intégrés à la formation générale offerte aux artistes du Cirque du Soleil. En plus d'apprendre à chaque artiste à réaliser son propre maquillage, Nathalie Gagné rédige à leur intention un guide d'application « étape par étape ».
Avant de se joindre au Cirque du Soleil, Nathalie Gagné a travaillé dans les domaines du théâtre, du cinéma et de la télévision. À deux reprises, elle a été mise en nomination pour le prix Gémeau des meilleurs maquillages, toutes catégories, décerné par l'Académie canadienne du cinéma et de la télévision. Depuis son adolescence, Nathalie Gagné est fascinée par le maquillage et par son influence sur le travail de l'acteur. « C'est le reflet de l'âme des personnages, la baguette magique qui enlève les inhibitions » dit-elle. Après ses études en production théâtrale au Cégep de Saint-Hyacinthe, au Québec, elle a été une des premières diplômées de la filiale montréalaise de la célèbre école de maquillage parisienne Christian Chauveau.
Pour créer les personnages à la fois urbains et romantiques de Corteo, Nathalie Gagné a dû envisager le maquillage d'une tout autre façon : « Il fallait aller chercher l'émotion des artistes, en accentuant le plus possible leur naturel, explique-elle. Nous n'avons donc pas créé de personnages, comme dans les autres spectacles du Cirque du Soleil; les personnages ont plutôt émergé du visage de l'artiste grâce au maquillage. »
Cette démarche correspond à l'approche humaniste du metteur en scène Daniele Finzi Pasca, notamment en ce qui concerne l'art du clown. « Selon Daniele, la plupart des enfants ont peur des clowns, raconte Nathalie Gagné. Mais dans Corteo, les enfants auront envie de les prendre dans leurs bras. »
Nathalie Gagné est née en 1963 à Trois-Pistoles, dans la région du Bas-Saint-Laurent, au Québec.