C'est l'histoire d'une bande de copains artistes de rue qui n'ont jamais eu d'autres prétentions que d'êtres des amuseurs et des poètes.
En 1982, ils sont une poignée à créer, autour de Gilles Ste-Croix, le "Club des talons hauts", auquel viendra se greffer le jeune Guy Laliberté. perchés sur leurs échasses hautes comme deux étages d'immeuble, ils harpentent les rues de Baie-Saint-Paul, vont saluer les gens qui les regardent à la fenêtre et animent cette petite ville de 5000 habitants, reconvertie en immense terrain de jeu et d'invention. Dans la foulée, ils créent une fête foraine. Deux ans plus tard, le gouvernement du Québec, bluffé par uen de leurs représentations, les aide à devenir le Cirque du Soleil - parce que le soleil symbolise la force, la jeunesse et tout ce qu'ils entendent incarner. Ils partent en tournée à travers la Belle Province, puis à Toronto et à Vancouver. leurs numéros dépoussièrent le cirque traditionnel, lorgnent vers le théâtre et se base uniquement sur la performance humaine. Enthousiasme du public. Déjà, Guy Laliberté, "qui a parfois l'impression que (son) cerveau est divisé en deux parties : un côté business et un côté création", veut transformer le succès d'estime en succès d'entreprise. Sans faire de compromis. La troupe fait sienne la règle d'annuler un spectacle q'il y a plus de monde sur la piste que sur les gradins. C'est nécessaire en 1985, cela ne le sera plus après.
"Mais les choses sérieuses ont vraiment démarré en 1987", raconte Giles Ste-Croix, pionnier de la bande et toujours vice-président principal du cirque. Cette année-là, le directeur du Festival des arts de Los Angeles s'étonne qu'un ami le supplie de regarder la cassette du spectacle d'un cirque. Il ne voit pas bien ce que viendraient faire funambules, dresseurs de tigres, clowns et contortionnistes dans sa manifestation. On parle d'art, tout de même!
Et puis, scotché par la vidéo, il comprend, saute dans un avion pour le Canada, et propose au Cirque du Soleil de participer à son festival. Seul problème : il ne peut pas lui offrir le voyage jusqu'en Californie. en échange, il encaissera toutes les recettes des entrées. Un quitte ou double. S'il ne rencontre pas le succès à Los Angeles, le cirque, qui a réussi à ensorceler un banquier pour obtenir un prêt, n'existera plus, et il faudra retourner au Canada en stop.
Ce ne sera pas nécessaire. A la fin du premier spectacle, la foule est debout. Le gratin de la ville fête les artistes et les propositions de rachat affluent de toutes parts. Mais Guy Laliberté porte bien son nom. La créativité de sa troupe n'est pas à vendre. Pas même à Disney, qui le suppliera pendant dix ans et finira par se résoudre à un simple partenariat, bénéfique pour tout le monde. Le Cirque du Soleil donne un spectacle permanent, dix fois pas semaine, au Walt Disney World Resort d'Orlando.
Après le festival de Los Angeles, la troupe entame sa première tournée hors Canada, à travers les Etats-Unis. En 1993, elle conquiert le Japon, puis part à l'assaut de l'Europe. Partout, l'accueil du public est phénoménal, le chapiteau du cirque se fait lieu de communion. En alliant de sperformances acrobatiques et artistiques à une mise en scène, un décor, une musique et des éclairages ébouriffants, le Cirque du Soleil fait le pari, sans cesse remporté, que les émotions sont un language universel. Et que le merveilleux ne passe pas forcément par la mièvrerie.
Depuis, le cirque n'a cessé de s'agrandir. Outre le show permanent au Walt Disney World Resort, il en possède cinq à Las Vegas, et dix autres spectacles jouent à travers le monde. les musiques originales sont publiées sous le label du Cirque du Soleil. La bande de potes des débuts, une soixantaine de personnes, s'est considérablement étoffée, pour compter aujourd'hui 3 500 employés de 45 nationalités, dont 900 artistes. Mais l'esprit post-hippie originel demeure. Laliberté guidant son peuple, l'imagination est sûre de rester au pouvoir Artistiquement, bien sûr, par la volonté de "créer de la magie", en "repoussant toujours plus loin les limites de la gravité", comme le dit Gilles Ste-Croix, dans le cadre de spectacls au cordeau qui racontent quelque chose sur le monde. Mais le Cirque du Soleil, entreprise parmi les plus rentables du monde, c'est aussi une éthique. Les salariés, dont la plupart sont d'anciens gymnastes, sont exceptionnellement bien payés, bénéficient d'avantages sociaux et, lors des tournées, sont aussi bien logés que nourris, afin de pouvoir donner le meilleur d'eux-mêmes. Et quand leur corps ne peut plus se plier aux performances extraordinaires demandées par le cirque, ils ont le choix de se reconvertir dans la maison comme préparateurs physiques, entraîneurs, cadres...
Par fidélité envers l'histoire des saltimbanques, le siège du cirque - qui abrite des lieux d'entraînement, les bureaux de recrutement (un service de 60 personnes, la troupe se renouvelle d'environ 20% tous les ans) et les ateliers où sont fabriqués jusqu'à 20 000 costumes par an - est installé dans une zone particulièrement défavorisée de Montréal. Par conviction écologique, ce bâtiment, assis sur une ancienne décharge, recycle les émanations de gaz méthane du sol pour les transformer en énergie! Par attachement aux valeurs de partage, Guy Laliberté, unique actionnaire, qui refuse farouchement d'introduire son cirque en bourse, reverse 1% de ses bénéfices annuels à des associations. Il a créé un organisme qui aide, dans le monde entier, les enfants des rues à s'en sortir en leur donnant, par le cirque, le goût du rêve.
Bosseur acharné, animé par l'énergie que lui ont donné ses débuts dans la rue, il passe six mois par an à voyager avec Gilles Ste-Croix pour aller voir les différents spectacles duCirque du Soleil. Il ne faut pas croire que Guy Laliberté soit devenu un milliardaire dont la philanthropie viendrait animer un peu la douce oisiveté. "Si un élément ne convient plus, si la mise en scène fonctionne moins bien, nous sommes là pour recadrer les détails et ajuster le tir. Mais nous changeons d'infimes détails! Un pectacle n'est jamasi figé, il est constamment en développement", explique le vice-président principal. De cette recherche permanente de la perfection naît la magie de leurs shows qui fait de chaque spectacle la plus belle fête que puisse offrir Guy Laliberté.
Ci-dessous Guy Laliberté, fondateur et patron du Cirque du Soleil
En 1982, ils sont une poignée à créer, autour de Gilles Ste-Croix, le "Club des talons hauts", auquel viendra se greffer le jeune Guy Laliberté. perchés sur leurs échasses hautes comme deux étages d'immeuble, ils harpentent les rues de Baie-Saint-Paul, vont saluer les gens qui les regardent à la fenêtre et animent cette petite ville de 5000 habitants, reconvertie en immense terrain de jeu et d'invention. Dans la foulée, ils créent une fête foraine. Deux ans plus tard, le gouvernement du Québec, bluffé par uen de leurs représentations, les aide à devenir le Cirque du Soleil - parce que le soleil symbolise la force, la jeunesse et tout ce qu'ils entendent incarner. Ils partent en tournée à travers la Belle Province, puis à Toronto et à Vancouver. leurs numéros dépoussièrent le cirque traditionnel, lorgnent vers le théâtre et se base uniquement sur la performance humaine. Enthousiasme du public. Déjà, Guy Laliberté, "qui a parfois l'impression que (son) cerveau est divisé en deux parties : un côté business et un côté création", veut transformer le succès d'estime en succès d'entreprise. Sans faire de compromis. La troupe fait sienne la règle d'annuler un spectacle q'il y a plus de monde sur la piste que sur les gradins. C'est nécessaire en 1985, cela ne le sera plus après.
"Mais les choses sérieuses ont vraiment démarré en 1987", raconte Giles Ste-Croix, pionnier de la bande et toujours vice-président principal du cirque. Cette année-là, le directeur du Festival des arts de Los Angeles s'étonne qu'un ami le supplie de regarder la cassette du spectacle d'un cirque. Il ne voit pas bien ce que viendraient faire funambules, dresseurs de tigres, clowns et contortionnistes dans sa manifestation. On parle d'art, tout de même!
Et puis, scotché par la vidéo, il comprend, saute dans un avion pour le Canada, et propose au Cirque du Soleil de participer à son festival. Seul problème : il ne peut pas lui offrir le voyage jusqu'en Californie. en échange, il encaissera toutes les recettes des entrées. Un quitte ou double. S'il ne rencontre pas le succès à Los Angeles, le cirque, qui a réussi à ensorceler un banquier pour obtenir un prêt, n'existera plus, et il faudra retourner au Canada en stop.
Ce ne sera pas nécessaire. A la fin du premier spectacle, la foule est debout. Le gratin de la ville fête les artistes et les propositions de rachat affluent de toutes parts. Mais Guy Laliberté porte bien son nom. La créativité de sa troupe n'est pas à vendre. Pas même à Disney, qui le suppliera pendant dix ans et finira par se résoudre à un simple partenariat, bénéfique pour tout le monde. Le Cirque du Soleil donne un spectacle permanent, dix fois pas semaine, au Walt Disney World Resort d'Orlando.
Après le festival de Los Angeles, la troupe entame sa première tournée hors Canada, à travers les Etats-Unis. En 1993, elle conquiert le Japon, puis part à l'assaut de l'Europe. Partout, l'accueil du public est phénoménal, le chapiteau du cirque se fait lieu de communion. En alliant de sperformances acrobatiques et artistiques à une mise en scène, un décor, une musique et des éclairages ébouriffants, le Cirque du Soleil fait le pari, sans cesse remporté, que les émotions sont un language universel. Et que le merveilleux ne passe pas forcément par la mièvrerie.
Depuis, le cirque n'a cessé de s'agrandir. Outre le show permanent au Walt Disney World Resort, il en possède cinq à Las Vegas, et dix autres spectacles jouent à travers le monde. les musiques originales sont publiées sous le label du Cirque du Soleil. La bande de potes des débuts, une soixantaine de personnes, s'est considérablement étoffée, pour compter aujourd'hui 3 500 employés de 45 nationalités, dont 900 artistes. Mais l'esprit post-hippie originel demeure. Laliberté guidant son peuple, l'imagination est sûre de rester au pouvoir Artistiquement, bien sûr, par la volonté de "créer de la magie", en "repoussant toujours plus loin les limites de la gravité", comme le dit Gilles Ste-Croix, dans le cadre de spectacls au cordeau qui racontent quelque chose sur le monde. Mais le Cirque du Soleil, entreprise parmi les plus rentables du monde, c'est aussi une éthique. Les salariés, dont la plupart sont d'anciens gymnastes, sont exceptionnellement bien payés, bénéficient d'avantages sociaux et, lors des tournées, sont aussi bien logés que nourris, afin de pouvoir donner le meilleur d'eux-mêmes. Et quand leur corps ne peut plus se plier aux performances extraordinaires demandées par le cirque, ils ont le choix de se reconvertir dans la maison comme préparateurs physiques, entraîneurs, cadres...
Par fidélité envers l'histoire des saltimbanques, le siège du cirque - qui abrite des lieux d'entraînement, les bureaux de recrutement (un service de 60 personnes, la troupe se renouvelle d'environ 20% tous les ans) et les ateliers où sont fabriqués jusqu'à 20 000 costumes par an - est installé dans une zone particulièrement défavorisée de Montréal. Par conviction écologique, ce bâtiment, assis sur une ancienne décharge, recycle les émanations de gaz méthane du sol pour les transformer en énergie! Par attachement aux valeurs de partage, Guy Laliberté, unique actionnaire, qui refuse farouchement d'introduire son cirque en bourse, reverse 1% de ses bénéfices annuels à des associations. Il a créé un organisme qui aide, dans le monde entier, les enfants des rues à s'en sortir en leur donnant, par le cirque, le goût du rêve.
Bosseur acharné, animé par l'énergie que lui ont donné ses débuts dans la rue, il passe six mois par an à voyager avec Gilles Ste-Croix pour aller voir les différents spectacles duCirque du Soleil. Il ne faut pas croire que Guy Laliberté soit devenu un milliardaire dont la philanthropie viendrait animer un peu la douce oisiveté. "Si un élément ne convient plus, si la mise en scène fonctionne moins bien, nous sommes là pour recadrer les détails et ajuster le tir. Mais nous changeons d'infimes détails! Un pectacle n'est jamasi figé, il est constamment en développement", explique le vice-président principal. De cette recherche permanente de la perfection naît la magie de leurs shows qui fait de chaque spectacle la plus belle fête que puisse offrir Guy Laliberté.
Ci-dessous Guy Laliberté, fondateur et patron du Cirque du Soleil

